Hôtel d'Allemand Carpentras - Bibliothèque Inguimbertine - 1er Etage

Les rayonnages historiques

Lorsque, en 1847, la bibliothèque Inguimbertine quitte son site initial du XVIIIe siècle pour s’installer dans l’hôtel d’Allemand, la Ville de Carpentras décide de réutiliser les rayonnages historiques en les réadaptant aux nouvelles salles et en les complétant par de nouveaux mobiliers imitant les originaux.
Ces rayonnages du XVIIIe siècle sont constitués de caissons en bois superposés, habillés en applique de montants verticaux, de corniches, de plinthes et de joues sur les côtés, ces boiseries étant noircies. Certains des caissons en bois conservent des décors peints, disparates, indiquant qu’il s’agit de remplois. On y constate aussi des charnières qui permettaient de fermer ces caissons par des portes ou des couvercles. On suppose que ces caissons ont servi au transport des livres, soit entre Rome et Carpentras lorsque d’Inguimbert rapporte en 1735 les 4.000 livres de sa bibliothèque romaine, soit entre Aix et Carpentras pour le convoi de l’imposante collection que le prélat carpentrassien a achetée aux héritiers du président Thomassin de Mazaugues en 1744.
 

Le fonds Sobirats

La famille Sobirats, originaire d’Aragon, s’établit à Avignon dès le XVe siècle, puis à Carpentras. Le dernier comte de Sobirats, Victor-Amédée (1861-1957) fait de la ville de Carpentras sa légataire universelle. Outre le domaine de Saint-Martin à Serres, aujourd’hui encore lycée agricole par volonté testamentaire, ainsi que d’autres propriétés et immeubles, le comte lègue à la Ville de nombreux tableaux et objets de la vie quotidienne, ainsi qu’une collection de 1600 livres imprimés publiés du XVIIIe au XXe siècles, constituant probablement la bibliothèque familiale depuis plusieurs générations. On y trouve des œuvres littéraires, des catéchismes, des récits de voyage, des ouvrages historiques…
L’hôtel Armand de Chateauvieux, légué par Isidore Moricelly, a été dénommé « musée Sobirats » en hommage au comte Victor-Amédée. Il abrite depuis 1948 les objets d’arts décoratifs de la bibliothèque-musée Inguimbertine.
 

Dom Malachie d'Inguimbert (1683-1757) - Portrait posthume peint par Denis Bonnet entre 1828 et 1853

L’érudit et collectionneur Malachie d’Inguimbert fut évêque de Carpentras de 1735 à 1757. Ses deux grandes fondations - l’hôtel-Dieu et la bibliothèque-musée Inguimbertine - font de lui l’une des plus éminentes figures de la cité comtadine.
Issu d’une famille aristocratique impécunieuse, Joseph-Dominique d’Inguimbert entre chez les Dominicains en 1699 et accomplit une partie de sa formation dans le couvent de son ordre à Paris. Ordonné prêtre en 1707, il part deux ans plus tard pour Rome en vue d’y régler un procès familial. Il ne reviendra d'Italie qu’après vingt-six ans. Il devient trappiste en 1714, à l'abbaye de Buonsollazzo, en Toscane, sous le nom de dom Malachie. Après quelques séjours moins austères à Rome et à Pistoia, il est remarqué par le cardinal Laurent Corsini, futur pape Clément XII. Il entre à son service en tant que bibliothécaire et confesseur. Proche du pape et de son entourage, dom Malachie jouit ainsi d’une position brillante. Promu en 1730 archevêque in partibus de Théodosie, pourvu de revenus conséquents, le conservateur de la bibliothèque pontificale est pressenti pour figurer sur la prochaine liste des cardinaux, lorsqu’une cabale l’éloigne définitivement de Rome. En 1735, Clément XII le nomme au siège épiscopal de Carpentras. L’évêque d’Inguimbert, s’il provoque certaines inimitiés notamment au sein des communautés religieuses, du chapitre cathédral et de la communauté juive, cherche simultanément à secourir l’indigence intellectuelle et physique en créant une « bibliothèque-musée publique » et en bâtissant un hôtel-Dieu. Gravé sur le socle de la statue érigée en son honneur en 1858, un distique de J.-L. Piot, poète avignonnais, résume l’hommage des Comtadins:

Ses libérales mains ont laissé dans Vaucluse
Le pauvre sans besoin, l’ignorant sans excuse.

La collection que d'Inguimbert a léguée à la ville de Carpentras comprend environ 20.000 livres imprimés, 500 documents manuscrits dont de nombreux codex médiévaux, des cartes et plans, monnaies et médailles, des tableaux, objets d'art, du mobilier et des objets scientifiques.

La "Salle Barjavel" à la fin du 19e siècle

Le fonds local de l’Inguimbertine

Depuis sa création, l'Inguimbertine collecte des manuscrits, des publications et de l'iconographie relatifs à l'histoire et à la culture de Carpentras, du Comtat Venaissin, et dans une certaine mesure du Vaucluse et de la Provence. Le fonds Barjavel, notamment, légué en 1868 par Casimir-François-Henri Barjavel, médecin, maire de Carpentras, collectionneur et historien, recèle un très grand nombre de publications en tous genres relatives à la culture locale, lui-même ayant publié un ouvrage de référence : le Dictionnaire historique, biographique et bibliographique du département de Vaucluse, paru chez Devillario à Carpentras en 1841. Par ailleurs, la langue provençale est représentée par des documents uniques et singuliers comme cet exemplaire de la Bible vaudoise du XIVe siècle, ou ce livre de raison (livre de comptes) minuscule d'un provençal du XVIe siècle.  Les fonds de félibres carpentrassiens tels François Jouve ou Rémy Marcellin ont considérablement enrichi les collections de littérature provençale du XXe siècle. On peut également signaler la présence dans les collections de l'écrivain de langue française André de Richaud (1907-1968), dont les romans prennent souvent la campagne comtadine pour décor. L'Inguimbertine conserve la plupart des éditions originales de ses oeuvres et de nombreuses rééditions, ainsi que de la correspondance autographe. Enfin, de nombreux titres de périodiques locaux de la période révolutionnaire à nos jours sont conservés dans les collections : L'Armana dou Ventour, Calendau, Le Journal de la Comtadine, Le Ventoux, Le Tohu bohu carpentrassien, Les carnets du Ventoux, Les Etudes comtadines et L'écho des carrières côtoient plus de 400 titres.
L’Inguimbertine continue d’acquérir toute publication relative à Carpentras et sa région.
 

Joseph Eyrréric, peintre-géographe

Joseph Eysséric (Carpentras, 1860 ; Carpentras, 1932) est un géographe d’origine carpentrassienne qui s’est adonné avec talent à la peinture.
Ayant reçu une formation scientifique en physique et mathématique, il a multiplié les voyages dans tous les continents, explorant parfois des zones inconnues des Européens. De ces expéditions, il a ramené des informations scientifiques méticuleusement notées sur des carnets et dont il a relatés les résultats dans des publications scientifiques. Il a publié chez Delagrave, des manuels scolaires de géographie qui ont façonné le savoir et l’imaginaire de nombre d’écoliers de la IIIème République.
Habile dessinateur et peintre, il a croqué les paysages des moindres contrées qu’il a visitées. L’Inguimbertine conserve de ce peintre géographe, outre ses publications et manuscrits, plus de 8.200 tableaux, dessins et photographies.

L'aile du musée

L'aile du musée a été construite en 1887 pour accuellir la collection de beaux-arts de l'Inguimbertine. L'école municipale de dessin occupait le rez-de-chaussée. En 1913, la collection d'arts populaires remplace l'école de dessin. Ce lieu est alors dénommé musée Comtadin-Duplessis. Il ferme au public en 2017.

Reliure aux armes de d'Inguimbert

Cette reliure de maroquin rouge, aux armes de Monseigneur d'Inguimbert, porte "d'azur à quatre colonnes d'or". On reconnaît les caractéristiques d'un reliure ecclésiastique aux ornements extérieurs du blason. Les quatre colonnes sont ici surmontées d'un chapeau accompagné, de chaque côté, d'une cordelière à six houppes, ce qui désigne un évêque.. 

La Salle 3 au début du XXe siècle

La Salle 4, vue ancienne (et salle 3 en fond)

Salle 6

Le long des murs : fonds moderne (acquisitions jusqu'en 1945).
Sur les épis centraux :  fonds contemporain de lecture publique (formats quarto)

Salle 5

Elle abritait les petits formats 16° du fonds contemporain de lecture publique

Salle 4

Elle abritait les formats octavo et folio du fonds contemporain (lecture publique, étude et local)

Salle 7, dite "Salle Barjavel"

Elle abrite une partie du fonds moderne (acquisitions du XIXe siècle jusqu''aux années 1930), ainsi que le fonds Sobirats

Denis Bonnet, Ancien clocher de Notre-Dame de l'Observance, milieu XIXè siècle, huile sur toile

Denis Bonnet, Portrait de Dom Malachie d'Inguimbert, 1868, huile sur carton

Salle 3

Elle abritait le début du fonds d'Inguimbert (bibles, écrits des pères de l'Eglise, théologie, droit canon)

John HOWARD, "Etat des prisons, des hôpitaux et des maisons de force". Paris, Lagrange,1788

Si le XVIIIe siècle est considéré comme celui des Lumières et de la raison, qui se développent au sein d'une société bourgeoise en essor, le peuple et en particulier les marginaux restent largement exclus de ce mouvement. De 1777 à 1784, l'anglais John Howard, "high sheriff" du comté de Bradford, mène ce qui sera la première grande enquête sociale européenne sur les "établissements d'humanité". Il parcourt ainsi les prisons, hôpitaux, et lazarets de l'Angleterre aux Pays-Bas, de la France à l'Autriche, afin de dresser un état des conditions d'internement dans ces institutions. L'injustice et l'inhumanité qui règnent dans les prisons sont l'une des principales constatations de l'enquête. On y apprend  que les enfants ne sont pas séparés des adultes, que les prisons de l'Inquisition (Rome, Valladolid...) y sont les plus sinistres, ou encore... qu'il n'y a point de prisonnier dans la Tour de Londres! Cette traduction française, dont les exemplaires sont rares, est la première connue, l'édition originale datant de 1777.

ROLAND, LECHARD, Melange de modèles d'écriture ornes de traits variés pour les amateurs des arts. Paris : Jean, [1798.]

Seul exemplaire connu de cette édition, l'ouvrage est consitué de 18 planches gravées de modèles d'écriture, de pleins et de déliés...

Blaise CENDRARS, Profond aujourd'hui. Paris, A la belle edition, 1917. Dessins d'Angel Zarraga

Il s'agit de l'un des 305 exemplaires de l'édition originale. Ce texte, illustré par le mexicain Angel Zarraga, évoque la mécanisation du monde. Il se nourrit du voyage de Cendrars à New York.
Notre exemplaire a appartenu à l'éditeur Pierre Seghers, à qui il fut donné par Cendrars lui-même. On trouve sur la page de titre la dédicace suivante écrite de sa main : "à Pierre Seghers [Profond aujourd'hui] et pauvre petit demain... Blaise Cendrars. 17 sept 50".

La Révolution en Comtat Venaissin

L'Inguimbertine conserve un ensemble très important de fascicules produits pendant la période révolutionnaire, particulièrement mouvementée dans le Comtat Venaissin, qui refuse d'être rattaché à la France. Cet extrait du registre du Comité militaire français alerte sur les sérieuses velléités comtadines à prendre les armes pour combattre les détachements français.

André de RICHAUD, Je ne suis pas mort, Le Jas du Revest Saint-Martin, Robert Morel, 1965

« Mais non, je ne suis pas mort. C’est bien plus pire ! ». L’écrivain André de Richaud (1907-1968), qui a déchaîné la critique, subjugué Camus, Gide et Bunuel, brillant hors-la-loi des lettres et fidèle amoureux du Comtat qui l'a vu grandir, tombe au fil des années dans l’indigence et l’oubli. Relégué dans un hospice pour vieillards à l’âge de cinquante ans, c’est ainsi qu’il amorce sa réponse au journal qui a publié un peu trop vite son avis de décès. Et à l’humanité entière… Une réponse drôle, désinvolte, crue, tendre et désabusée.
Le fonds local de l'Inguimbertine conserve la plupart des éditions originales de cet auteur d'envergure, injustement méconnu, qui a conté le Comtat de façon si singulière.

Le Ventoux, journal politique, agricole, commercial de l'arrondissement de Carpentras

L'Inguimbertine conserve 400 titres de presse locale. L'hebdomadaire "Le Ventoux" connaît une longévité particulière. Publié dès 1883, sous le titre "Le Mont-Ventoux", il deviendra "Le Ventoux" en 1902, puis "Le Comtadin" en 1944. Aujourd'hui, "L''Hebdo Comtadin" est toujours publié chaque semaine. En 1944, un journal homonyme titré "Le Comtadin", fut publié clandestinement par la Résistance française.

Un livre interdit!

Jean CLAUDE, "Réponse au livre du Pere Noüet Jesuite. Sur le sujet du Saint Sacrement de l'Eucharistie". Amsterdam, Raphaël Smith, 1668.
La collection d'Inguimbert comporte un certain nombre de "libri prohibiti", soit des livres mis à l "'index", fameuse liste recensant les ouvrages que les catholiques romains n'étaient pas autorisés à lire... L'évêque d'Inguimbert pouvait en conserver, mais pas les divulguer.
Jean Claude était un ministre protestant français, pasteur à Nîmes, connu pour ses controverses. Il fut exilé lors de la révocation de l'Edit de Nantes en 1685. 

Anonyme, deux portraits de cardinaux, huiles sur toile, XVII ou XVIIIe siècle

Ces deux portraits peints, donnés à l'Inguimbertine en 1844 par le vicomte de Séguins-Vassieux, proviendraient de l'église des Dominicains de Carpentras

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